Biographie de Paul WERNERT

(actualisé le ) par Marchal Sylvie

PAUL WERNERT (1889 – 1972)

Paul Wernert est né à Strasbourg, le 29 octobre 1889. A treize ans, ayant perdu son père, il est fortement influencé par sa mère passionnée de préhistoire. Deux ans plus tard, il découvre dans le gisement loessique d’Achenheim un superbe biface qui lui inspire son premier article scientifique, publié en allemand, en 1908.

Ancien élève du Kaiserliches Gymnasium (devenu Lycée Fustel de Coulanges en 1919), il étudie la Paléontologie et la Préhistoire à l’université de Tübingen. Il est attaché, en 1910, à l’Institut de Paléontologie Humaine de Paris, où il fait la connaissance de deux savants réputés dans le domaine de la préhistoire : l’Allemand Hugo Obermaier et le français Henri Breuil. Avec eux, il participe à des fouilles en Bavière, dans le sud-ouest de la France et en Espagne, où il rencontre également le Père Teilhard de Chardin. C’est en Espagne, près d’Altamira, à Puente Viesgo qu’il découvre la grotte de la Pasiega. Mais c’est dans une autre grotte, située au sud de la Catalogne qu’il remarque sur une paroi le petit chasseur qui est devenu le logo du Collège. On comprend mieux le sens du geste et de l’attitude de ce dernier quand on le voit replacé dans son contexte, avec les deux cerfs qui détalent devant lui.

Paul Wernert est justement en Espagne avec Hugo Obermaier lorsque la guerre de 1914 éclate et les bloque tous les deux dans ce pays pour quelques années. C’est l’occasion pour lui de participer à de nombreux travaux sur les vestiges préhistoriques et les terrains quaternaires de la péninsule ibérique. De cette époque date toute une remarquable série de publications en espagnol.

Après la guerre, Paul Wernert revient à Strasbourg. Ses activités sont très variées, mais les deux principales restent l’enseignement et la recherche.
Au cours de sa vie, il sera professeur à l’École d’Antropologie de Paris, à l’Institut Commercial Supérieur de Strasbourg, à l’Université de Paris, à l’Université de Strasbourg ; il sera chercheur au Centre National de Recherches Scientifiques, directeur du Laboratoire d’Ethnologie de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris, directeur de la Circonscription des Antiquités préhistoriques et archéologiques d’Alsace. Parallèlement, il participe à des campagnes de fouilles dans le sud-ouest de la France, en Espagne, en Somalie, en Abyssinie… et trouve encore le temps de se marier !

Mais jamais, il n’oublie le gisement préhistorique d’Achenheim : pendant ses absences, il charge sa mère et sa sœur d’en suivre l’exploitation à sa place, ce que les deux femme font avec beaucoup de compétence et d’enthousiasme. Sa thèse, qu’il soutient devant l’Université de Strasbourg en 1956, porte sur ce long travail d’un demi-siècle et obtient le prix Millet-Roussin de l’Académie des Sciences.

Après 1968, au cours de sa retraite, il est plus actif que jamais. Il a son bureau à l’Institut de Géologie de Strasbourg et y est souvent dès sept heures du matin, pour répertorier et classer tous les vestiges extraits des loessières. Grâce à son expérience, sa culture et ses connaissances en langues étrangères, il peut conseiller et aider les jeunes chercheurs dans leur travail, et le fait avec beaucoup de gentillesse et de modestie. Tous ceux qui l’ont côtoyé seront très attristés par sa mort, survenue le 19 septembre 1972.

Vous trouverez sa tombe au cimetière Sainte-Hélène.